Patrick Pavan
Autodidacte, né en 1967, Pavan est artiste plasticien. Il développe une démarche matiériste et brutaliste qui s’écarte des outils classiques pour revenir à une expression directe de la matière. Il interroge l’humanité et sa fragilité. Il a réalisé Le colosse d’argile, portrait de Thierry Dussautoir, et participé à l’ouverture du Centre d’art contemporain de Carcassonne.
Dans une approche matiériste, ma volonté de m’éloigner des outils classiques s’associe à une démarche visant à retrouver une expression brute de l’art. Ce choix de rejeter les procédés usuels a révélé une filiation. Fils et petit-fils de maçon, il effectue les mêmes gestes dans un autre contexte : “Je me sers de leurs techniques, de leurs outils, osant devenir enfin ce que je suis.”
Avec des matériaux issus du milieu du bâtiment ou des matériaux de récupération, sur divers supports comme le BA13, les portes isoplanes ou les planches, il fixe, juxtapose et lie plâtres, ciments, pigments naturels, terres, papiers et tissus pour ériger une humanité. Les fers à béton, employés seuls, nus, en armature ou en coffrage, les enduits de façades, les épaufrures des structures étayent un monde à la paradoxale fragilité.
“ Je travaille les corps, les visages, essentiellement à partir de silhouettes, en utilisant le dessin, le pochoir ou les monotypes. Maintenant à même le mur, attaquer la surface, en déchirant l’apprêt. S’enfoncer dans le matériau de construction, en pénétrant à l’intérieur du sujet. Ouvrir le mur comme on ouvre un corps. Autopsie ou voir de ses propres yeux. Quand je travaille sur une toile, je n'essaie pas de faire mieux que la précédente, mais d'aller ailleurs. J'ai envie de faire les choses rapidement mais je n'y arrive pas. Je peux hésiter sur une texture pendant des jours, et je rêve de faire un tableau toutes les dix minutes. “ - Pavan